Bulletin de la Société historique de la Corrèze

Publié le 22 Avril 2016

Pendant que le duc de Mayenne allait de Beaulieu vers Sainte-Bazeille, les Calvinistes, excités par Turenne, organisaient de nouvelles bandes et se rendaient de plus en plus redoutables. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem avait de grandes possessions dans le Bas-Limousin, le Périgord et le Haut-Quercy ; la plus importante était la Commanderie de Condat, privée de son chef depuis 1579. Les Huguenots profitèrent de cette circonstance pour s'emparer des hôpitaux appartenant aux dames Maltaises de Martel et de Beaulieu ; ils envahirent aussitôt après la Comnianderie de Condat et levèrent toutes les récolles de 1580 et 1587. André de Martin, qui venait d'être nommé Commandeur, lit constater ces déprédations dans. un procès-verbal parvenu jusqu'à nous. Deux autres bandes, fortes de six cents hommes, allèrent, au mois de mai 1586, sous les ordres de Josué, comte de Chavagnac et de Guiscard, seigneur de Cavaignac, provoquer dans son château du Peschier, le Ligueur Hercule de Saint-Chamans ; les Consuls de Brive, voyant approcher ces féroces envahisseurs, appelèrent les trois Sénéchaux du Limousin, du Périgord et du Quercy ; la Ligue envoya ses plus ardents défenseurs ; Pompadour, Gimel. Royère de Lon, assistés par la milice urbaine de Brive, toujours commandée par Lestang, se dirigèrent vers le Peschier. Les Huguenots, vigoureusement attaqués, furent obligés d'abandonner le château ; mais ils se retirèrent dans plusieurs maisons du bourg qu'ils fortifièrent ; maîtres de Voutezac, de Puydenoix et de Lissac, ils paraissaient résolus à se défendre jusqu'à la mort. Cependant Bouchard d'Aubeterre arriva du Périgord avec cinq cents chevaux et six cents fantassins. Joignant ses forces à celles d'Hautefort, il menaça des plus terribles représailles tous les repaires occupés par les Calvinistes. Maillard, deuxième Consul de Brive, amena le canon de la ville et le siège fut mis devant Voutezac: les Huguenots capitulèrent au nombre de trente-cinq ; ils furent tous pendus et le château détruit. « C'était une grande joie de voir jeter au vent par les soldats catholiques, les murs de cette forteresse féodale, où avaient si longtemps banqueté les hérétiques. » La rigoureuse exécution de Voutezac décida la garnison de Sainte-Féréole à prendre la fuite, tandis qu'Hautefort s'emparait de Beynat et faisait passer toute la garnison au fil dé l'épée. Il ne resta bientôt plus un seul Huguenot à Lissac et Puydenoix ; mais le village du Peschier était toujours occupé par les protestants.

Source : Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, 1918.

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