Histoire des vicomtes et de la vicomté de Limoges

Publié le 21 Avril 2016

Le vicomte de Ventadour, d'accord avec M. de Turcant, intendant de la généralité, pour secourir la ville assiégée, avait fait appel à tous ceux qui tenaient au parti de Henri IV. Alors accoururent les seigneurs de Rilhac-Lastours, de La Coste-Mézières, de Beaupré, de La Tour, de Landau, de La Mothe-Saint-Cioud, de Sédières, de Noailles, le comte de La Rochefoucauld, les chevaliers de Rochefort, de Frédaigue, en tout environ cent vingt rejetons de l'ancienne noblesse, armés de toutes pièces, disposant d'environ quinze cents hommes. Ce renfort, arrivé à trois heures après midi, sans prendre aucun repos, attaqua les ligueurs avec d'autant plus de fureur qu'on venait d'apprendre que ceux-ci avaient mis à mort le seigneur de Saint-Chamans, fait prisonnier au moment où il tentait de sortir de la place, quoiqu'il offrît une rançon. Les royalistes, malgré tous leurs efforts, ne pouvant percer les lignes ennemies, se retirèrent dans un faubourg et s'y retranchèrent. Le vicomte de Pompadour, profitant de cette retraite, détacha une partie de sa cavalerie, en ayant soin de mettre en croupe un fantassin derrière chaque cavalier, et la fit passer secrètement derrière les maisons du faubourg, près d'un moulin, où les fantassins déposés à terre se mirent en embuscade, pendant que la troupe à cheval se rangeait en bataille sur deux rangs, de chaque côté du chemin, afin de masquer ceux qui étaient derrière elle. Le comte de La Rochefoucauld, qui arrivait pour débusquer cette cavalerie, la croyant isolée, s'élança sur elle par un mouvement rapide. Celle-ci, feignant d'éviter le combat, se replia sur l'infanterie. Alors l'agresseur, apercevant l'embuscade, cria aux siens qui descendaient le ravin, de regagner la hauteur. Mais ceux-ci, n'entendant pas son commandement, tombèrent dans le piège, furent mis en déroute, et causèrent parmi les autres détachements un si grand désordre, qu'il fut impossible aux chefs de reformer leurs lignes de bataille. Le seigneur de Chamberet, accouru pour les soutenir, renversa quelques barricades, mais ne put rallier les fuyards, qui, poursuivis par Montpezat, périrent en assez grand nombre. On trouva parmi les morts le comte de La Rochefoucauld, La Coste-Mézières, La Mothe-Saint-Cloud, de Frédaigue et de Progi (20 mars). Malgré ce succès, le vicomte de Pompadour, après de nouvelles tentatives inutiles contre la ville, abandonna le siège et se retira sur ses terres.

Source : François Marvaud, Histoire des vicomtes et de la vicomté de Limoges, 1873, 414 p.

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