Montpon-Ménestérol en Périgord

Publié le 21 Avril 2016

« En entrant en Périgord ... il fit partout sommer les villes et places de se rendre », en leur donnant à choisir entre le pillage et la rançon. C'est ainsi que le château de Montaigne fut saccagé et démoli ; que les moulins de Ménesplet et de Vauclaire furent pillés de tous grains et farines, et ensuite incendiés ; que l'abbaye de Vauclaire fut une fois de plus ravagée. Quant à Montpon, tout y fut, dans la ville et les faubourgs, pillé et détruit, la place fut démantelée et « les habitants prirent la fuite ». Après Montpon le cyclone nommé Turenne alla dévaster Saint-Laurent-des-Hommes, Sourzac qui soutint un siège de six jours, Neuvic, Saint-Astier, etc... Il faut croire que les ruines de Montpon furent réparées avec la plus grande diligence. En effet, quatre mois plus tard, le 13 mars 1588, Henri de Navarre et son escorte personnelle y put séjourner dans une habitation décente. Nous l'apprenons par un seigneur en voyage venant de Brignac, près de Limoges, et se rendant à Bordeaux. Il consigna sur son journal de route que « le 14 mars il logea à Montpon dans la maison où le roi de Navarre avait séjourné vingt-quatre heures avant lui ». Il n'est pas indifférent de le noter : ce voyageur, nommé François de Royère, titré baron de Brignac, était un fervent catholique et « l'un des plus fidèles lieutenants de la Ligue en Limousin », donc, en politique, un adversaire du futur roi Henri IV. Son amphitryon montponnais dut lui faire part de l'impression très favorable laissée par l'hôte princier reparti la veille, car c'est à Montpon et pendant cette brève halte que le baron de Brignac « fit le vœu d'aller en pèlerinage à Jérusalem, pour demander à Dieu le retour du Béarnais à la foi catholique ».

Source : Marc Chassaing, Montpon-Ménestérol en Périgord, 1976, 559 p.

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