Nobiliaire du diocèse et généralité de Limoges

Publié le 22 Avril 2016

Louis [fils puîné de Geofroi V], vicomte de Pompadour, baron de Bré, Treignac et Laurière, sgr de Saint-Cyr-la-Roche, Beaumont et Chamboulive, ne porta du vivant de son père que le nom de baron de Laurière. Ayant appris la mort de son fils aîné, il prit congé du duc d'Anjou, et emmena de nouvelles forces au siège de Mussidan. Les ennemis, pressés par divers assauts, capitulèrent de sortir de la ville et château, mais le baron de Laurière s'y opposa fortement, parce qu'ils s'étaient rendus sur sa foi, et qu'il avait le bruit de tenir ce qu'il promettait entre tous ceux de ce temps qui suivaient les guerres. Aussi avait-il souvent en bouche ce quatrain : Songe longtemps avant de promettre, Mais si tu as quelque chose promis, Quoi que ce soit, fut-ce aux ennemis, De l'accomplir en devoir te faut mettre. Au mois d'octobre 1569, il gardait les passages de la Dordogne contre les protestants. Par la mort du vicomte de Pompadour, le baron de Laurière devint seigneur et comte de Pompadour, et accrut de beaucoup sa maison de biens et d'honneur. Il se démit d'abord des charges qu'il avait à l'armée, et vint donner ordre à la défense de sa maison de Pompadour et de ses autres places, car les protestants, avec 14,000 Allemands et 400 Français, vinrent en Limousin, et y firent mille maux. Ils y brulèrent vingt-cinq belles maisons et châteaux, cinquante bourgs et 200 villages, et massacrèrent beaucoup de paysans. Ce qu'on aurait de la peine à croire, c'est que Laurière, avec soixante chevaux et les communes, tailla en pièces ou mit en déroute douze cornettes de reistres et deux ou trois de françaises, trois mois avant la bataille de Montcontour ; par ce moyen, les ennemis cessèrent de brûler et de ravager le Limousin. Le comte de Pompadour fut capitaine de cinquante hommes d'armes, chevalier de l'ordre du roi. Il servit le roi Henri III dans les guerres contre ceux de la religion prétendue réformée en 1570 et aussi dans la province. Après l'assassinat de ce prince, en 1589, il fut installé lieutenant du roi au Haut et Bas-Limousin ; il gouverna quelques années fort sagement, au grand contentement et soulagement du peuple. Il fut appelé par le gouverneur de Quercy pour l'assister dans la guerre qu'il faisait à des tumultueux. En 1591, il défit dans le Limousin le comte de La Rochefoucauld avec grand carnage. Ce comte, Châteauneuf, La Coste-Mésières et plusieurs autres gentilshommes et soldats, furent tués sur place. Pompadour était partisan déclaré de la ligue, ce qui l'avait rendu ennemi déclaré de Henri IV. Il avait fait son testament, signé Combret, le 16 septembre 1587, par lequel il lègue à ses filles, Susanne et Jeanne, à chacune dix mille écus, et fait mention que sa femme était enceinte. Il fut saisi d'un fièvre pestilentieuse, et mourut au grand regret du pays, à l'hopital de Saint-Jean en Quercy, le 25 novembre 1591, à la fleur de son âge. Il avait épouse, le 1er juillet 1570, Peyronne de La Guiche, fille de Gabriel de La Guiche, sgr de Chaumont, chevalier de l'ordre du roi, bailli de Mâcon, et d'Anne de Soreau, dame de Saint-Géron ; elle se remaria. Leur maison était très-bien policée ; on n'y parlait que de vertu et de faire actes nobles. C'était une cour composée de demoiselles de maisons illustres, de gentilshommes, de savants, de médecins, chirurgiens, apothicaires, pour secourir les malades de leurs terres, auxquels ils faisaient distribuer des remèdes rares et spécifiques, faisant de grandes aumônes, surtout dans les années de stérilité. Louis de Pompadour, quand il n'était pas à la guerre, s'occupait à lire l'histoire des guerres, les livres de chirurgie, et surtout ceux qui traitaient des blessures, pour bien faire panser ceux qui étaient dans le cas, et il avait à ses gages un très-expert chirurgien espagnol. De son mariage vinrent : 1° Léonard-Philibert ; 2° Jean ; 3° Susanne, mariée, en 1590, à Jean-Charles de Carbonnières ; 4° Jeanne, alliée, en 1593, à Jean de Souillac, sgr de Montmège et de La Barde ; 5° Louise, qui épousa, en 1605, René de Courail.

Source : Joseph Nadaud, Nobiliaire du diocèse et généralité de Limoges, 1863, 658 p.

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